La sécheresse oculaire est une pathologie multifactorielle qui touche la surface de l’œil et les paupières. 

Il existe différentes formes de sécheresse oculaire tels que :

  • la sécheresse évaporative ou sécheresse par dysfonctionnement des glandes de meibomius (DGM) causée par une couche lipidique qui ne limite plus l’évaporation des larmes ; 
  • la sécheresse oculaire par déficience aqueuse causée par une production insuffisance des larmes ;
  • la sécheresse oculaire mixte qui combine une sécheresse oculaire évaporative et par déficience aqueuse.

Par conséquent, la prise en charge d’un patient atteint de ce syndrome des yeux secs peut s’avérer difficile puisqu’il ne se limite souvent pas à un seul traitement.

L’IPL est un des nouveaux traitements disponibles pour la sécheresse oculaire. Ces multiples mécanismes d’actions vont permettre le traitement des causes profondes tels que le dysfonctionnement des glandes de meibomius, les inflammations (rosacée et blépharite), le Demodex et les douleurs neuropathiques.

Qu’est-ce que l’IPL (Intense Pulsed Light) et comment fonctionne-t-il ?

L’IPL permet la délivrance de lumière intense pulsée grâce à une lampe flash qui émet une lumière polychromatique.

L’un des principaux mécanismes d’actions de l’IPL est son effet thermique qui va permettre de liquéfier le meibum au niveau des glandes de meibomius et ainsi désengorger plus facilement ces glandes responsables de la production de la couche lipidique des larmes.

Les mécanismes d’action ne sont pas tous parfaitement élucidés à ce jour mais de nombreuses études ont également montré un effet anti-inflammatoire au niveau de la surface de l’œil, un effet anti-infectieux et antiparasitaire (anti-Demodex). L’IPL a également un effet sur les nerfs cornéens et le nerf de la surface oculaire soulageant les douleurs neuropathiques.
 

Quand proposer un traitement IPL ?

La place de l’IPL dans la prise en charge thérapeutique dépend du patient. Il peut être proposé en deuxième ou troisième intention par exemple pour des patients qui ont déjà eu de nombreux traitements et qui ne répondent pas aux soins des paupières plus antibiotique par exemple. Mais en fonction des cabinets, l’IPL pourrait être proposé beaucoup plus tôt parce que l’effet est très rapide et peut être très durable. 

Il est important de noter que tous les traitements de la sécheresse oculaire sont complémentaires, ce qui permet de jongler d’un traitement à l’autre en fonction de l’observance du traitement par le patient ou de ses antécédents.

Quelles sont les recommandations avant un traitement IPL ?

Traitement IPL effectué sur un patient Un traitement IPL peut avoir lieu en cabinet. Le patient ne doit pas être maquillé et doit être rasé de préférence.

Il convient d’expliquer le déroulement du traitement au patient. Il s’agit d’un traitement simple, rapide et indolore où 4 à 6 tirs par côté sont réalisés sur la zone péri-oculaire, ou sur paupières en cas de blépharite sévère. Lors d’un traitement sur paupière, une coque sclérale devra être utilisée pour protéger la rétine du patient. Une sensation de chaleur peut être ressenti durant le traitement. 

L’IPL peut être réalisé sur la majorité des types de peau. Cependant, en fonction du phototype, il conviendra de sélectionner une puissance plus ou moins importantes (1 à 14 J/cm2) : sur les peaux claires, les puissances seront plus élevées et sur les peaux foncées, il convient d’appliquer une puissance moins importante car la lumière va être absorbée plus facilement par le pigment cutané. Il n’y pas d’effet secondaire mise à part la brûlure cutanée en cas de surdosage. La fluence standard recommandée, sur les phototypes de 1 et 5, est de 8J/cm². Lors du traitement sur paupière, la fluence devra être réduite entre 4 et 6 J/cm².

Comment se déroule le traitement ?

Pendant le traitement, des lunettes et coques de protection, fournies avec l’IPL, doivent être utilisées par le patient et le médecin. Une couche de gel est appliquée sur la zone de traitement qui permettra d’améliorer la transmission de la lumière. Le système IPL C.STIM dispose d’une technologie brevetée appelée Stim-ULITM permettant une répartition homogène de la lumière sur la peau.

Les flashs lumineux vont être délivrés par la lampe flash :

  • soit autour des yeux, en zone péri-oculaire
  • soit directement sur la paupière, grâce à l’utilisation de coques métalliques sous palpébrales 

4 à 6 tirs par côté sont délivrés par la lampe flash. 3 à 4 séances sont nécessaires espacées de 15 jours. En fonction de l’efficacité du traitement et des symptômes ressentis, d’autres séances d’entretien peuvent être recommandées, en général tous les 6 mois.

Pour optimiser les résultats, une expression des glandes de meibomius est conseillée au terme de la séance. L’action thermique de l’IPL va en effet faciliter l’expression meibomienne.

Quels types de patients sont éligibles ?

L’indication principale de l’IPL sont les dysfonctionnements meibomiens, c’est-à-dire les DGM ou les sécheresses évaporatives sur blépharite.

Il est quand même possible d’utiliser l’IPL pour les sécheresses d’autres origines, en cas de douleurs oculaires, de syndrome de Gougerot Sjögren par exemple.

L’IPL peut également être utilisé sur les enfants, par exemple lors de chalazions à répétition, sans contre-indication particulière.

L’IPL est donc une technologie efficace sur la sécheresse oculaire. Les résultats peuvent être différents en fonction du patient. L’utilisation de l’IPL ne doit pas se faire seul mais bien pris en compte dans un arsenal thérapeutique pour des résultats durables sur le long terme.

Source: Presentation by Dr Serge Doan (Bichat Hospital, Fondation Rothschild, Paris, France) at the ACOS [Association des Centres de l'Oeil Sec — Dry Eye Centre Association] 2022 Congress