Sécheresse oculaire

Dysfonctionnement des Glandes de Meibomius (DGM) et chirurgie réfractive

Bordeaux - France

dr marty

Dr Anne-Sophie Marty

Dr Anne-Sophie MARTY, Cabinet d’Ophtalmologie Thiers, Clinique Ophtalmologique Thiers, Bordeaux - France

Prise en charge, du diagnostic au traitement, d’une patiente atteinte de Syndrome Sec Oculaire (SSO) de type mixte aggravé suite à une chirurgie réfractive. Un diagnostic complet a été réalisé à travers un examen clinique et des examens avec la plateforme d’imagerie C.Diag®. Un traitement symptomatique associé à un traitement de Lumière Intense Pulsée avec l’I.P.L. C.Stim® ont été initiés sur cette patiente. Après 3 séances d’I.P.L. C.Stim®, la patiente a retrouvé une qualité de vie grâce à une nette amélioration des symptômes ressentis et une amélioration du DGM avec une meilleure expression et qualité du meibum.

Anamnèses :

Mme L.Y., patiente de 30 ans, directrice adjointe dans le médico-social, a subi une chirurgie de la myopie (LASIK) en 2018. Elle ressent des symptômes depuis 2019 : sensation d’œil sec, picotement, larmoiement, brûlure, rougeur, douleur nocturne (OD>OG). Elle évalue la fréquence de ces symptômes à 5/10 et l’intensité de ces symptômes à 8/10 également. Le test DEQ-5 est réalisé avec un score de 13.

#1

Examen clinique

media cas clinique 6

Des traitements sont déjà en place pour cette patiente :

  • Soins de paupières, exercices de clignement
  • Larmes artificielles à la demande (Hyloconfort®, Hylovis lipo®, Liposic®ou Pommade vitamine A®, Naabak®)
  • Intolérance Azyter®, Ikervis®, Doxycycline®
  • Bouchon lacrymal méat inférieur gauche

Les facteurs de risque de Syndrome Sec Oculaire (SSO) identifiés sont la chirurgie LASIK, l’utilisation des écrans, une rosacée cutanée, des antécédents de chalazions, ancienne porteuse de lentilles, des allergies aux acariens et pollen et une prise antihistaminique au long cours.

L’examen ophtalmologique montre les résultats suivants :

OD

 

OG

10/10 P2AV10/10 P2
+0,25 (-0,25 110°)Réfractionplan
12PIO15

 

L’examen à la lampe à fente ne montre pas de kératite ponctuée superficielle. Il montre également un défaut d’étalement de la fluorescéine (présence de SPOT), un BUT moyen 7sec//8 sec, des télangiectasies du bord libre, un meibum pâteux, une hyperhémie conjonctivale et des papilles conjonctivales. Des plis conjonctivaux parallèles à la paupière (LIPCOF) sont également mis en avant. 

#2

Examen para-clinique

Mapping épithélial 

L’examen para-clinique débute par un mapping épithélial qui révèle le début d’une atrophie épithéliale de façon concentrique.

 

 

Score eTAO

Le score eTAO est un nouveau score de sévérité de SSO.

  • La présentation du rapport fourni par le C.Diag aide à l’éducation thérapeutique des patients
  • Le rapport d’examen eTAO permet de donner un score global d’atteinte de sécheresse oculaire
     
#3

Analyse de la surface oculaire par C.DIAG® 

Une analyse de la surface oculaire est ensuite réalisée par la plateforme C.DIAG® dont les résultats sont les suivants :

  • Hauteur du ménisque de larmes : abaissée OD= 0,17 mm // OG = 0,23 mm -> Déficit aqueux
  • Interférométrie : correcte ODG
  • NIBUT : diminué à 8 sec OD / 10,4 sec OG -> Instabilité lacrymale légère
  • Meibographie en transillumination : atrophie stade 1 des GM (perte des GM < à 25%), télangiectasies stade 2, noter la présence du bouchon lacrymal OG (flèche)
#4

Diagnostic

Une sécheresse oculaire mixte par dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM) modéré est diagnostiquée, associée à un déficit aqueux post chirurgie réfractive.

Un bilan ophtalmologique est enclenché à la recherche d’un syndrome sec oculaire systématique avant une chirurgie réfractive.

Focus: l’intolérance aux lentilles

Un patient ancien porteur de lentilles et devenu intolérant aux lentilles avec le temps doit faire craindre l’apparition d’un DGM. 

L’intolérance aux lentilles est un motif fréquent de consultation en vue d’une chirurgie réfractive.

Le port des lentilles :

  • peut entrainer un clignement anormal, 
  • scinde le film lacrymal en 2 (pré et post lentille)
  • rend la couche lipidique plus fine et inégale (couche lipidique)
  • induit une hypoesthésie cornéenne provoquant un taux de renouvellement lacrymal plus faible (couche aqueuse)
  • diminue les cellules à mucus (couche mucinique)

Le travail sur écran est la principale cause de clignement incomplet. Le port de lentilles pour travailler sur écran est souvent mal toléré à cause du DGM induit.

#5

Prise en charge initiale

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La prise en charge initiale comprend la pose de bouchons méatiques à l’œil droit accompagné de la poursuite des soins de paupières et des exercices de clignement.

Un rajout d’un mucoprotecteur Systane Ultra® est également réalisé. Une désensibilisation chez l’allergologue est également proposée.

Un rendez-vous de contrôle à 3 mois est réalisé. Les symptômes ont diminué mais sont toujours présents malgré une bonne observance thérapeutique.

Un traitement IPL C.STIM® est alors débuté avec une poursuite du traitement symptomatique.

#6

Traitement IPL C.STIM®

ipl treatment

Un protocole de traitement en 3 séances est initié à J0, J15 et J30.

4 tirs par séance et par côté sont réalisés à une fluence de 8J/cm2. Des lunettes de protection pour le patient et pour le médecin sont utilisés pendant le traitement.

A la fin de chaque séance, le médecin réalise l’expression du meibum à la pince, ce qui permet d’optimiser le résultat. L’expression manuelle du meibum est facilitée grâce à l’effet de la chaleur de l’IPL C.STIM®.

#7

Résultats à 2 mois

Deux mois après les séances d’IPL, la patiente ressent une nette amélioration des symptômes. Ses yeux sont « plus confortables » selon ses mots.

Elle continue d’utiliser des larmes artificielles uniquement à l’œil droit en journée et elle utilise Liposic® le soir au coucher. Elle réalise également le soin et l’hygiène des paupières 3 fois par semaine, en utilisant un masque chauffant. Elle réalise des clignements forcés et fait des pauses régulières sur écran au travail. Elle évite le chauffage dans la chambre.

L’examen clinique ne révèle pas de KPS. Les résultats du BUT sont désormais les suivants : BUT 10 sec//10 sec. On constate également des télangiectasies du bord libre et un meibum plus fluide OG>OD à la meiboexpression.

Il est nécessaire de poursuivre au long cours le traitement symptomatique. Un retraitement par IPL est proposé si besoin.

#8

Conclusion

Le traitement par IPL C.STIM® est rapide, efficace et sûr.

La sécheresse oculaire après une chirurgie réfractive cornéenne (ou cristallinienne) est une cause majeure d’insatisfaction post-opératoire.

Le traitement par IPL peut être facilement proposé aux patients souffrant déjà d’un DGM en préopératoire et/ou en post-opératoire dès que le traitement local symptomatique est insuffisamment efficace.

 

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